Un livre d’art sonore, édité par la maison d’édition du café des pratiques.

Ce livre d’art est le fruit d’un travail artistique collectif.

Les 70 ateliers, inscrits au programme du café des pratiques étaient ouverts à tous. Ils ont associé principalement des jeunes de l’IME (Institut Médico-Educatif) du grand Besançon et des lycéens d’une classe allophone de Pergaud. Ils avaient comme enjeu de travailler les correspondances entre les espaces sonores et visuels.

Le processus commence par la fabrication et la collecte de sons, auxquels répondent des images ou des objets par un jeu de correspondances utilisant des techniques variées : pastels, craies, peinture, céramique, collage…

Des sons, des bruits, des notes, avec des instruments et avec le corps, mais aussi avec des outils, des jouets, du papier, la voix ont été produits puis enregistrés grâce à un zoom. Ils ont été écoutés, nommés, analysés avec les sens et la raison, dessinés, reproduits.

 

Miqi O, musicien électro, a fait goûter à la musicalité et a initié le groupe au montage sonore. 
« On a alors monté des sons. Nous les avons découpés, en petits voir très petits morceaux, ou laissés filer tels quels, superposés, sur un logiciel…jusqu’à 40 pistes. »
On entend toc (de la porte), tac (de la table),  boum (du tambour), puis dessous la pluie qui tombe ptptptptpt
Simplement « une pièce sonore »
On a reconstitué avec ces images la manière sonore.
Les sons, nous commencions bien à les connaître, nous les nommions, ils avaient une ou des images, nous les imitions.
Créer une pièces sonore consistait alors à mettre dans un certain ordre cette collection.

Mais quelle histoire ?

Nous avons écouté collectivement un premier montage intuitif et cela nous a mis sur la piste.

Nous y avons entendu les gestes du travail tchak tchak répétitif, un peu comme à l’usine, ou la découpe des légumes, on suivait aussi le pain en train d’être pétrit ; on y devinait des rires des murmures, la vie…

Puis on s’est fait surprendre par un passage brutal, vif, dispersé, agité, comme une tempête, une guerre, un cataclysme…

Enfin un presque rien, mais qui nous ramène à la vie.

On tenait notre sujet en trois parties :

– le travail, le quotidien,

– la catastrophe, 

– la reconstruction, l’utopie.

Le titre poule, nid, œuf est apparu avec la voix. Jouer avec la voix est plus engageant que de souffler dans un tube, ou de taper sur une casserole, surtout quand on réécoute l’enregistrement.

Les séances autour de la voix ont rencontré une forte charge émotive et le plaisir de prononcer ces trois mots s’est révélé.

Nous nous sommes alors mis à divaguer autour de poule nid œuf:

      – qui de l’œuf ou de la poule est apparu le premier ?

  • l’œuf, épure, objet technique, parfois d’or sort du « cul » d’un drôle d’oiseau, ahuri ou apeuré
  • le nid, un îlot, un radeau, habitat précaire,  accueille nos deux personnages…

3 mots, des histoires, des correspondances, un cycle qui rappelle celui de notre montage »

Elisabeth Gerl, plasticienne

Le livre est le montage de cette expérience, une pièce sonore de 12 mn 11 secondes.

Le livre est le montage de cette expérience, et nous vous laissons en découvrir les contours et en écouter le contenu avec sa pièce sonore de 12 mn 11 secondes.

Partenaire : le café des pratiques, l’IME du Grand Besançon, le lycée Pergaud de Besançon, Miqi O